Le mot de la présidente

Novembre 2010

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La Société Française de Plaies et Cicatrisations aborde une phase difficile. Le déremboursement de dispositifs médicaux nécessaires au traitement des plaies prend progressivement de l’ampleur. Vulnus a permis grâce à la réalisation d’une enquête épidémiologique de grande envergure française de confirmer, si cela était nécessaire, la grande prévalence des plaies tant en ville que dans les hôpitaux et structures de soins : plus de 2 millions de patients porteurs de plaie en France doivent être pris en charge correctement.

Les dernières décisions de l’HAS prennent parfois une tournure polémique. Certes des économies sont nécessaires mais pas au détriment de la qualité des soins ! Les infirmières libérales se retrouvent parfois devant une position difficile : comment réaliser un pansement propre, si les compresses stériles ne sont plus remboursées ? Le conditionnement des compresses non stériles ne permet pas dans certains environnements (milieux défavorisés) le respect des recommandations d’hygiène élémentaire. Comment continuer si les sets de pansements ne sont plus remboursés alors qu’ils permettaient d’assurer des soins de qualité en évitant des hospitalisations inutiles ? Comment combiner l’utilisation d’un pansement comme les hydrogels, avec un quelconque pansement secondaire alors que l’association de deux pansements ne sera plus remboursée et quelque part illicite ? Les professionnels ont du mal à se reconnaître dans ces contradictions.

La SFFPC est donc au cœur de cette tourmente.

Société Française et Francophone, née en 1994, associant en partenariat des professionnels de santé venant d’horizons complémentaires, notre groupe est un modèle international de collaboration pluridisciplinaire et multi professionnelle.

Il est impossible, depuis toujours, de concevoir une prise en charge de plaies n’associant pas les infirmières, qui sur le terrain vivent au quotidien l’évolution de la plaie et les médecins qui traitent le patient dans son contexte. De nombreux paramédicaux ont rejoint cette Société Savante : pharmaciens, kinésithérapeutes, podologues se retrouvent dans une démarche "plaies et cicatrisations".

De nombreuses autorités hospitalières ont adopté ces termes, associés en 1994 sur une discussion entre professionnels convaincus et en découvrent tout le sens clinique. La démarche "plaies et cicatrisations" s’est progressivement imposée avec les années comme une évidence, car il existe de plus en plus de patients qui reconnaissent leur pathologie dans ces termes : patients âgés, laissés pour compte de la chirurgie, blessés médullaires dont plus personne ne veut s’occuper. Leurs escarres, leurs ulcères de jambe, leurs plaies chroniques sont devenus des pathologies orphelines que seuls quelques médecins ou infirmières experts savent prendre en charge.

Nous nous retrouverons à Paris au Palais des Congrès Porte Maillot à la Conférence des Plaies et Cicatrisation (CPC) les 16, 17 et 18 Janvier 2011 pour notre congrès annuel. Venez nombreux, apprendre, comprendre, échanger, partager...

Bon pansement !

Sylvie Meaume
Présidente SFFPC

Historique de la SFFPC

L'évaluation et la prise en charge des plaies et des pathologies associées fut initialement développée en France par Ambroise Paré au XVIIIème siècle, et transmise de génération en génération par les chirurgiens et les dermatologues. Le baron Larrey a participé à la vulgarisation du baume du Pérou pendant les guerres napoléoniennes. Le problème des escarres fut tiré de l'inconscient collectif par le Pr Vilain dans les années 60. Il schématisait souvent les situations complexes par des phrases simples proches de la formule, style "on peut tout mettre sur les escarres, sauf le patient lui-même".

A sa retraite, ce problème revint aux confins du no man's land de la médecine. Aucune Université n'enseignait les escarres aux étudiants en médecine et les initiatives pour éduquer le corps infirmier étaient très rares dans les écoles.

Les bandés compressives pour les ulcères variqueux ont commencé à apparaître dans les années 1960, succédant à la classique botte de Unna. Les greffes cutanées, en pastille ou en filet, furent utilisées à partir des années 1970. Les chirurgiens devenaient les référents ultimes, et bien peu se posaient la question de savoir si les pansements traditionnels devaient être remis en cause ou s'il fallait appliquer à tout type de plaies les dernières découvertes des lambeaux cutanés, compte-tenu du nombre élevé d'échecs constaté après rotation de lambeaux fessiers dans les escarres sacrées.

Les brûlures étaient de mieux en mieux prises en charge dans des services spécialisés depuis 1960, et les centres de diabétologie se sont développés dans les années 90.

De nombreux chercheurs de réputation internationale (CNRS, INSERM) collaborent avec les cliniciens dans des réunions scientifiques et des comités. Ces efforts conjoints ont permis à une équipe lyonnaise de mettre au point les cultures de kératinocytes dans les années 70.

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