Historique
L'évaluation et la prise en charge des plaies et des pathologies associées
fut initialement développée en France par Ambroise Paré au
XVIIIème siècle, et transmise de génération en génération
par les chirurgiens et les dermatologues. Le baron Larrey a participé à
la vulgarisation du baume du Pérou pendant les guerres napoléoniennes.
Le problème des escarres fut tiré de l'inconscient collectif par
le Pr Vilain dans les années 60. Il schématisait souvent les situations
complexes par des phrases simples proches de la formule, style "on peut tout
mettre sur les escarres, sauf le patient lui-même".
A sa retraite, ce problème revint aux confins du no man's land de la
médecine. Aucune Université n'enseignait les escarres aux étudiants
en médecine et les initiatives pour éduquer le corps infirmier étaient
très rares dans les écoles.
Les bandés compressives pour les ulcères variqueux ont commencé
à apparaître dans les années 1960, succédant à
la classique botte de Unna. Les greffes cutanées, en pastille ou en filet,
furent utilisées à partir des années 1970. Les chirurgiens
devenaient les référents ultimes, et bien peu se posaient la question
de savoir si les pansements traditionnels devaient être remis en cause ou
s'il fallait appliquer à tout type de plaies les dernières découvertes
des lambeaux cutanés, compte-tenu du nombre élevé d'échecs
constaté après rotation de lambeaux fessiers dans les escarres sacrées.
Les brûlures étaient de mieux en mieux prises en charge dans des
services spécialisés depuis 1960, et les centres de diabétologie
se sont développés dans les années 90.
De nombreux chercheurs de réputation internationale (CNRS, INSERM) collaborent
avec les cliniciens dans des réunions scientifiques et des comités.
Ces efforts conjoints ont permis à une équipe lyonnaise de mettre
au point les cultures de kératinocytes dans les années 70.