Les débuts
Pendant l'année 1984, les médecins de médecine physique
provoquèrent une réunion sur les escarres, publiant un ouvrage dans
lequel de nombreuses pratiques étaient déjà décrites.
L'impact fût bon sur les spécialistes, mais le corps infirmier ne
se sentait pas encore complètement impliqué. A partir de 1990, certaines
initiatives régionales se sont développées à Paris,
à Montpellier, à Angers. Des réunions sporadiques réunissaient
300 à 500 personnes, ce qui permettait d'établir des liens entre
spécialistes et infirmières, pharmaciens, kinésithérapeutes,
en leur permettant de parler un langage commun, d'optimiser l'utilisation des
supports et des pansements respectant le principe de la cicatrisation en milieu
humide.
Les relations de plus en plus étroites entre les corps paramédicaux
et médicaux qui se développaient dans les centres de brûlés
favorisaient les échanges et créaient un précédent
et un modèle pour les autres spécialités. La loi de 1993
sur les pratiques infirmières concernant la prévention des escarres
légitimèrent définitivement les nécessités
de prise en charge commune des patients dans un esprit d'interdisciplinarité.
En 1995, un groupe de spécialistes et d'infirmières fondèrent
le "Journal des Plaies et Cicatrisations", édité au rythme
de 4 numéros par an (7000 volumes chacun) et un tirage spécial de
25000 au moment du congrès annuel. Ce journal a longtemps été
le seul vecteur d'informations spécifiques pour les professionnels intéressés,
qui trouvèrent là un écho à leur préoccupations
quotidiennes. Tous les champs du domaine sont concernés et décrits
en détail : plaies aigües, plaies chroniques, brûlures et plaies
cancéreuses. Des questions du mois et des qui permettent une auto-évaluation.
Ce journal est un des facteurs de changement de pratique majeur dans notre pays.
La première "Conférence Plaies et Cicatrisations" a
été organisée en 1997 à Paris. La participation a
rapidement augmenté au fil des ans, passant de 1700 participants à
2900 en 2000. Le but de ces journées est d'encourager la formation de non
spécialistes (infirmiers, médecins, pharmaciens) et de les aider
à établir des référentiels pour leurs pratiques, d'entendre
les nouveautés en matière de pansements et de recherche. Des ateliers
pratiques très nombreux, co-modérés par un médecin
et une infirmière, apportent un éclairage pratique directement utilisable.
Ces journées permettent également de bénéficier de
la présence de collègues internationalement réputés
qu'il est possible d'inviter.
Les conférences se déroulent sur une période de 3 jours,
alternant ateliers et séances plénières, offrant un plateau
unique au monde d'échanges et de participations entre les différentes
populations concernées (infirmiers, dermatologues, chirurgiens, médecins
de médecine physique, gériatres). Lors du dernier congrès,
58% des participants venaient du corps paramédical et plus de 800 médecins
étaient présents ; Les compagnies et laboratoires partenaires sont
nombreux à fréquenter les CPC chaque année, du fait de la
présence simultanée des prescripteurs et des utilisateurs, guidés
par des experts internationaux. Plus de 50 stands sont occupés par ces
firmes qui présentent chaque année les dernières acquisitions
concernant la prise en charge des plaies.
La qualité des présentations scientifiques est évaluée
par l'auditoire sur des feuilles d'évaluation qui permettent de faire évoluer
les orateurs et les qualités pédagogiques de chacun sont discutées
par le comité d'organisation. Les orateurs, jugés par les participants
en dessous de 80% de satisfaction, ont peu de chances d'être reconduits
l'année suivante.
Les ateliers sont jugés chaque année et ces critères de
sélection sont permettent d'améliorer la qualité des enseignements
dispensés. De nouvelles initiatives pédagogiques basées sur
l'interactivité sont entreprises depuis l'année 2000. Nous avons
également ouvert un espace en Anglais pour les collègues étrangers
qui souhaitent venir présenter leurs travaux, avec une traduction simultanée.